Le Virois Masqué
Quand la campagne s’emballe

Comme nous l’expliquions dans un billet précédent, la séparation de la liste qui se préparait contre celle de Pascal MARTIN s’est faite de manière houleuse. Voire plus car semble t’il, des propos répréhensibles sont sortis de la bouche de certains participants.

Hier vendredi 27 février, l’annonce officielle de la plainte d’Eddy COUTARD était donc faite publiquement dans la presse:

Dans la Voix Le Bocage:

Et également dans Ouest France:

Remarquez la réaction de Régis PICOT « Il était en train de me détruire personnellement. L’un de mes colistiers s’est énervé ».

On se demande ce qui peut détruire un candidat au poste de maire, poste où il faut normalement être solide.

Et surtout, l’énervement (ses propres termes) du colistier apparait comme un aveu.

Curieux.

Pour avoir plus de précisions, il suffisait d’écouter les informations à 10h00 ou 12h00 sur Vire FM ce samedi matin.

Non, arrêtez, je plaisante. Rien de rien, Christophe LECUYER n’a rien dit à propos de son patron.

Fermez le ban. Il ne s’est rien passé.

Traquons les tracts

Qui dit campagne électorale dit distribution de tracts. Logique et normal, on cherche à attirer et convaincre l’électeur pour arriver le premier.

Pour l’instant, deux premiers flyers sont arrivés: un pour la liste de Monsieur MARTIN, l’autre pour Monsieur PICOT, et nous allons nous expliquer sur cette sémantique.

Le premier était distribué sur le marché (au sens propre) par différents distributeurs dont le chef de liste et plusieurs collaborateurs.

Il se présente en un format A5 (moitié d’un format A4) raccourci. Vu la petite taille, il présente juste le chef de file, Monsieur MARTIN avec Madame DESMOTTES et en dessous l’équipe en entier.

Le texte recto et verso est vraiment minimal et consiste en une invitation aux différentes réunions.

Le slogan est juste « Venez nous rencontrer« .

Nous devrons donc attendre pour en savoir plus sur le programme.

A l’inverse, le tract de Monsieur PICOT (format A4 donc plus du double), arrivé dans la boîte aux lettres. présente le nom de Monsieur PICOT, la photo de Monsieur PICOT et uniquement lui.

D’ailleurs, cette impression est renforcée par le vocable utilisé.

Sur la première page, nous constatons 17 utilisations du je ou j’, et 9 fois l’utilisation de me m’ ou moi. Faut il être fin psychologue pour analyser l’auteur (ou le signataire) du texte.

Nom, photo, discours : tout converge vers la figure du candidat.

Il faut retourner la feuille pour voir de nombreux « nous » sans jamais savoir qui est derrière (en tous cas ils n’ont pas l’honneur d’être cités).

Nous voyons écrit en gras en haut de page une formule « forte dans son organisation » qui nous confirme la volonté de gouvernance pyramidale.

Les personnes derrière le nous savent par avance à quoi s’en tenir.

Deux expressions ont tout de même retenu notre attention « Sans confiance: aucun projet ne peut sortir de terre. » et « ce n’est pas pour refaire hier ».

Ceux qui se retournent sur hier savent justement que la confiance est une valeur relative.

Au fond, ces deux premiers tracts ne sont pas de simples feuilles distribuées au marché ou glissées dans une boîte aux lettres. Ce sont déjà des déclarations d’intention, des miroirs de la manière dont chaque liste conçoit la campagne… et peut‑être la manière dont elle conçoit l’exercice du pouvoir.

D’un côté, un document court, collectif, presque modeste, qui cherche d’abord à rencontrer. De l’autre, un texte long, centré sur un homme, qui cherche à s’imposer.

L’un installe une équipe. L’autre installe un chef.

Ces choix ne sont pas neutres. Ils racontent une vision, une méthode, une relation au citoyen. Et avant même que les programmes ne soient détaillés, avant même que les débats ne commencent, les tracts nous montrent déjà deux conceptions du rôle d’un candidat, deux façons d’habiter la campagne, deux manières de parler au public.

Attendons maintenant le tract de Monsieur COUTARD.

Petit ajout:

Et un petit tour au marché ce vendredi matin nous donnait confirmation après la distribution de cette petite carte supplémentaire:

trois « je » en 5 lignes 😂

Quant aux colistiers…

Gratuit… vraiment pour tous ?

Du schisme des deux listes, à savoir celles de Monsieur COUTARD et Monsieur PICOT , sont sortis deux groupes surtout marqués par deux personnalités différentes car les projets n’ont guère eu le temps de se différencier.

Preuve en est que le premier thème apparu est strictement le même: à savoir la gratuité des transports.

Vous pouvez le constater sur la page Facebook de l’un:

https://www.facebook.com/profile.php?id=61587115150174

Comme dans celle de l’autre

https://www.facebook.com/profile.php?id=61586858747738

Or qui dit gratuité dit que l’usager ne participe pas. La gratuité totale n’existant pas (il faut payer les bus, l’entretien, les chauffeurs, le carburant) la charge en reviendra entièrement au contribuable, grévant le budget de la collectivité.

Il faut savoir justement que la part revenant à ces collectivités de la part de l’état ira en diminuant. Donc qui dit prendre de l’argent pour les transports dit en enlever ailleurs.

Donc pas gratuit pour le contribuable.

Or, les deux candidats font de belles promesses mais se sont pour l’instant privés de nous préciser quel secteur sera impacté.

Qu’il faille aider les personnes qui en ont le plus besoin ne fait aucun doute. Pour autant, est ce que ne demander aucune participation ne déresponsabilise pas l’usager ?

Monsieur COUTARD n’ayant pas encore exercé de responsabilités, nous ne pouvons encore savoir comment il compte gérer. Je suppose qu’il s’expliquera ultérieurement.

Par contre, Monsieur PICOT en tant qu’adjoint aux grands évènements nous a habitués à des dépenses somptuaires: les Festi’Vire, le Tour de France etc nous ont coûté quelques centaines de milliers d’euros.

Nous pouvons d’ailleurs nous interroger sur les bénéfices qu’en ont tiré la ville et les commerces. Pour Festi’Vire, le public venait avec ses sandwiches donc ne faisait pas vraiment fonctionner le commerce. Et pour le Tour, posez la question à un Français moyen s’il se souvient du passage dans notre ville…

J’ai eu l’occasion d’aller interroger le candidat sur sa page mais le dialogue a tourné court, je suis resté sans réponse.

En lisant son tract, juste paru,, j’ai été frappé par cette phrase:

Alors peut être faudrait il commencer par faire son autocritique. Les grosses dépenses passées étaient elles vraiment nécessaires ? N’eut il pas mieux fallu consacrer ces sommes pour améliorer les mobilités douces dans l’agglomération ?

Pour finir momentanément, en regardant bien le clip du candidat, je me suis dit que le collège était effectivement parti loin:

Ne serait-il pas préférable d’écrire « c’est adapter l’offre » ?

La liste de Monsieur MARTIN n’a pas encore été évoquée car nous connaissons maintenant en grande partie les candidats mais pas encore le projet (à part qu’il semble très orienté sur la santé).

Pour appuyer le propos

Il suffit d’accéder au site Fecebook du média VFM et de constater la différence de place accordée aux deux évènements à savoir les deux listes, celle d’Eddy COUTARD et celle de Régis PICOT:

Le mardi 27 janvier, voici la présentation accordée aux nouvelles du jour par ce média.

Vous remarquerez les maigres 3 lignes accordées à la présentation de la liste de Monsieur COUTARD et sa petite photo écrasée par l’évènement, il est vrai sûrement fondamental du dessus.

Comparons avec la présentation de la liste de Monsieur PICOT de ce lundi 2 février:

Eclairant non ?

PS: J’ajouterai que dans un grand esprit démocratique, ce média a interdit à notre page Facebook d’accéder à la leur:

Plus de questions que de solutions…

Pendant plusieurs semaines, Vire FM (VFM) a martelé au public une liste « COUASNON–MALOISEL», sans jamais mentionner le nom de Régis PICOT. Dans le même temps, M. COUASNON lançait sur cette antenne un appel à candidatures, laissant entendre que son équipe n’était pas complète.

Or, il y a quelques jours, une réunion interne tourne au règlement de comptes. Deux camps émergent.

— d’un côté, Eddy COUTARD, qui a au moins le mérite de dire la vérité sur l’état de sa liste.
— de l’autre, un chef « révélé » du jour au lendemain : Régis PICOT, dont la liste, elle, se retrouve miraculeusement complète.

On connaissait les miracles de Lourdes, on découvre désormais les miracles de Vire.

Ce contraste interroge, d’autant plus que, deux semaines auparavant, tous travaillaient ensemble sur un projet commun. Peut-on réellement imaginer que leurs orientations aient divergé aussi rapidement ?

La différence semble donc moins porter sur les idées que sur les personnalités et les responsabilités passées. Et l’on peut s’interroger sur la manière dont certains engagements ont été tenus au sein du groupe initial.

Le samedi 24 janvier, Eddy COUTARD a tenu une conférence de presse. . Un événement politique local majeur.

Mais VFM — dirigée par le candidat PICOT— ne la couvre que le mardi 27 janvier. Et encore : en lui accordant le même temps que pour annoncer le changement d’avis de Gilles MALOISEL. Comme si une conférence de presse détaillant un projet municipal et un revirement individuel avaient la même portée.

Dès lors, une interrogation légitime se pose : lorsque viendra le moment de présenter le projet de son propre directeur, VFM adoptera-t-elle le même délai et la même mise en perspective ? Ou l’information sera-t-elle mêlée à d’autres annonces, comme ce fut le cas précédemment ?

Dans sa profession de foi, Régis PICOT affirme que son activité sera strictement encadrée et qu’il n’interviendra plus à l’antenne durant la campagne.

Mais il reste le supérieur hiérarchique du journaliste chargé de couvrir… sa propre campagne. On a connu des situations plus confortables pour garantir l’indépendance éditoriale.

Et puis, soyons honnêtes : quel journaliste n’aurait pas intérêt à briller quand son patron se présente à une élection ? Dans un tel contexte, la neutralité devient un exercice d’équilibriste. Sans filet.

On peut raisonnablement s’interroger sur la liberté éditoriale réelle dans un tel contexte, ainsi que sur la pression implicite que pourrait ressentir un journaliste dont le directeur est candidat.

À suivre.

DERNIERE MINUTE

PS: Et ce que nous pouvions craindre est bien arrivé: lors des deux différents bulletins d’information de la radio de ce 2 février (vous remarquerez qu’ils n’ont pas attendu le mardi) la première information fut la présentation de la liste de Monsieur PICOT contrairement à ce qui avait été fait pour la liste de Monsieur COUTATD.

Donc nous pouvons constater la différence d’équité entre les candidats.