Le Virois Masqué
De l’Alsace au Dombass ?

En 1871, suite à la défaite lors de la guerre franco-prussienne, la France avait au traité de Francfort, été obligée de céder une partie de son territoire à la Prusse, à savoir l’Alsace et la Moselle.

En aparté, à cette occasion, De nombreux alsaciens avaient quitté leur ville d’origine, Bischwiller, pour venir s’établir à Vire.Bischwiller  avait des activités drapières donc Vire ayant aussi un fort passé drapier a profité de leur savoir faire.

Les petit écoliers français avaient dans leur cartable ce manuel d’histoire, le Lavisse dont voici un exemplaire de 1887 (cours moyen).

Ce manuel tirait son nom de son créateur, Ernest Lavisse (1842 1922) historien français, créateur de manuels d’histoire de France et chantre du roman national.

Et voici donc ce que les enseignants à l’époque devaient faire entrer dans la tête de leurs élèves:

Autrement dit, on a appris à des enfants à se préparer pour se venger afin de récupérer un territoire considéré comme faisant partie du territoire national. 42 ans après le traité de paix, une nouvelle guerre éclatait. Un conditionnement psychologique était mis en place, qui les préparait à devenir militaires, aptes à entrer dans un engagement contre nos voisins.

Le motif n’était pas officiellement pour que l’Alsace Moselle revienne à la France mais on avait appris à des générations d’enfants à haïr les Allemands et à se tenir prêts à leur faire la guerre.

On ne peut directement faire d’analogie avec le Dombass mais il faut prendre garde à ce que des générations de Russes et d’Ukrainiens ne ruminent une vengeance bien des années plus tard.

La paix est un phénomène qui se prépare. Par contre, les pacifistes n’en sont pas forcément les meilleurs promoteurs.

Ce programme scolaire est écrit 16 ans après la Commune.

Voici comment Lavisse présentait les évènements:

Cette présentation de la Commune n’est pas celle de l’assemblée à forte tendance royaliste qui avait été élue en 1871 et avait élevé Adolphe Thiers comme Président de la République mais une assemblée vraiment républicaine:

Quand une carte postale raconte une histoire

Les cartes postales sont un reflet du passé. Elles racontent la ville avant les bombardements, les attitudes, les habillements etc. Par exemple:

Nous reconnaissons ici une scène de marché au pied de l’église Notre-Dame au centre de la ville de Vire.

Mais quand on retourne la carte, on peut en apprendre parfois encore plus sur les comportements de l’époque:

Le destinataire d’abord: le directeur du Petit Journal. Ce journal de tendance modérée fut créé en 1863 et termina en 1944. Il fut au début du XXème siècle un des journaux au tirage le plus important.

Le texte maintenant. L’orthographe prête à sourire mais le fond du texte beaucoup moins.

Le monsieur qui a écrit cette carte à un journal important de l’époque réclame la peine de mort pour un dénommé Solleilland (il m’a fallu faire quelques recherches) Albert de son prénom.

Nous sommes le 31 janvier 1907à Paris.
Albert Soleilland, 26 ans, employé dans un magasin de meuble, était chargé d’emmener la fille d’un couple d’amis, la petite Marthe, 12 ans, voir un spectacle.

L’individu, à la place, emmène la petite fille chez lui, la viole, l’étrangle, la poignarde en plein cœur puis emballe son corps et l’enferme dans une consigne à la gare de l’est.

L’individu sera condamné à mort le 23 juillet 1907 puis gracié (par le président Armand Fallières, hostile à la peine de mort) donc condamné aux travaux forcés à perpétuité à l’Île Royale (Guyane).

Par contre, cette grâce provoquera une immense émotion populaire et le Petit Journal organisera un sondage auprès de son lectorat pour lequel il obtiendra 1.500.000 réponses avec 74 % de réponses favorables à la peine de mort dont celle ci, vraisemblablement provenant d’un Virois.

Maintenant, il écrirait un mail.

Albert Soleilland mourra en 1920 de la tuberculose en Guyane.+

Mais ce Virois ne sera pas le seul à participer à cette pétition.

Ainsi, nos compatriotes suivants:

Décret Crémieux et élections présidentielles

En 1830, la France conquiert ou envahit l’Algérie et commence la colonisation.

Le 4 septembre 1870, Adolphe Crémieux (Député de Paris sous le Second Empire), devient membre du Gouvernement de la Défense Nationale qui assure le gouvernement du pays après l’abdication de Napoléon III.

Il fait adopter les 21 et 22 octobre 1870 le décret Cremieux qui assure automatiquement aux Israëlites indigènes du territoire algérien la citoyenneté française.

Il l’accorde également en principe à d’autres indigènes sur leur demande mais n’est que rarement accordée.

Adolphe Crémieux (1798-1880)

Ce décret est abrogé le 7 octobre 1940 par Marcel Peyrouton, ministre de l’Intérieur de Philippe Petain.

Il se trouve qu’un candidat à la présidence de la République, Eric Zemmour, prétend que Pétain a protégé les juifs français pendant la guerre.

Or, imaginons que ce décret soit toujours en place. Cet individu, d’origine juive donc concerné par ce décret, n’aurait pas la nationalité française donc ne pourrait prétendre à la plus haute fonction de la République.

Étonnant, non ?

La suite: le 14 mars 1943 Le Général Giraud abroge le fameux décret et les lois antisémites qu’il juge discriminatoires

Le 22 octobre 1943, le CFLN  (qui faisait suite à la France Libre du Général de Gaulle) rétablit le décret Crémieux et donc redonne la nationalité française aux juifs d’Algérie.

Alors Monsieur Zemmour, on dit merci De Gaulle ou merci Pétain ?